Critique SF2 : « Premier Contact »

Publié le par Thor

Station Fiction, le périodique littéraire d'exploration des univers imaginaires
Mission n°2 (avril 2009)
Premier Contact

 

Pour la publication de son n°2, l'association des Chantiers Imagiaires nous offre un recueil de 6 nouvelles. Elles sont d'un style beaucoup plus homogène que celles du n°1. Il faut dire que le sujet s'y prête plus. Elles sont également plus homogènes au niveau de la qualité.
En réalité, ce qui me turlupine, pour ne pas dire choque, dans ces nouvelles, c'est la façon des auteurs d'envisager les réactions des Hommes. Ce sont souvent des psychologies un peu simplistes. C'est dommage.


Les Bâtisseurs du vide, de Hans Delrue

Delrue nous propose là une approche sceptique de la façon qu'aurait l'humanité de réagir face à une rencontre extra-terrestre. Je dis sceptique car son propos n'est pas très nuancé, c'est un peu manichéen. La première partie de ses personnages est tellement obtue qu'elle n'envisage qu'une solution, et l'autre tellement naïve qu'elle ne voit pas venir la première. Ce n'est pas très crédible, mais l'histoire reste bien racontée, avec quelques idées intéressantes.


Peace and love, de Bruno Faure
A ne pas présenter à des lecteurs trop jeunes
. Une vision merveilleuse de l'application d'un fantasme masculin sur la colonisation de la Terre par ... Très drôle et si merveilleusement bien vu.


Quatre étoiles au firmament, de Romain Lucazeau
Fidèle à lui même, Lucazeau nous propose ici l'histoire d'une confrontation dans un monde richement imagé. La multiplicité des points de vue abordés est très intéressante. Le texte est très bien écrit et nous tient bien jusqu'au dénouement.


L'exécution de Mozart, de Dominique Molès
Le concept est bien abordé. Une Humanité immature qui se perd elle-même. Mais le pourquoi du dénouement n'est vraiment pas assez crédible.


Renouveau, de Hubert Szymczak
Ma première réaction fut : "Tout ça pour ça!". Et puis, en y réfléchissant, je me dis qu'il suffit de ne pas inclure l'épilogue pour que la nouvelle soit parfaitement satisfaisante. Une civilisation tyrannique qui redécouvre une certaine forme de liberté.


Les explorateurs, de V.K. Valev
Voici une nouvelle comme je les aime, où la chute nous fait redécouvrir tout le texte sous un autre angle. Ici, une civilisation découvre les vestiges d'une autre ... et imagine.

 

Sur question-Sf par Alice…

http://question-sf.over-blog.com/article-30910098.html

 

 

et

 

 

http://eliedarco.free.fr/?p=86

Chantiers Imaginaires. Le second numéro vient de sortir dont voici un rapide compte-rendu de lecture…

Joli, bien maquetté - sauf peut-être les numéros de page que je trouve un peu trop proche du texte - ce nouveau numéro de Station Fiction est vraiment agréable à lire et à feuilleter. Les illustrations de Vain, tant la couverture que la BD ou le Canard sont chouettes, dynamiques et réussies, porteuses d’un vrai esprit SF. Les autres éléments rédactionnels, comme le Canard Cosmique et la Bande Annonce relève d’une idée sympa, supporte pour la première une pointe d’humour, pour la seconde un fil conducteur qui donne envie d’acheter le suivant. Quoique la BA aurait peut-être gagnée à être présentée avec une identité graphique plus marquée, là on la “confond visuellement” avec le bulletin et la mettre avant celui-ci puisque c’est cet ordre qui est défini dans le sommaire ( mais c’est du détail of course)

Concernant les textes maintenant, je vous livre quelques rapides impressions à prendre pour ce qu’elle sont, rien de plus que des ressentis…

·         Les Bâtisseurs du vide de Hans Delrue : Une idée intrigante constitue la clé de voûte de ce texte écrit correctement. Il y a de belles images et descriptions. Le titre lui-même est beau mais j’ai regretté les quelques longueurs dans le dialogue. Les bases de l’univers sont données toutes à la fois et de façon linéaire, le texte manque peut-être d’un peu d’efficacité et d’action de ce point de vue-là. La réaction des humains vis-à-vis des ET ne m’a pas semblé cohérente, question de sensibilité je suppose, cela m’a fait penser à la SF des années 50, défaitiste, avec un côté assumé d’absurde et des situations qui finissent toujours mal.

·         Peace and love de Bruno Faure : Un style enlevé, une narration efficace qui va vite et coule bien. Une idée originale et intéressante. Et même si au cours de sa lecture, on se doute de ce qui suit, on prend plaisir à lire car c’est très vivant. Un seul regret : la fin un peu ouverte. L’humanité est-elle en perdition du fait de la chute de la natalité ? J’aurais aimé - en tant que femme- que l’auteur nous renseigne ou nous venge, en faisant peser davantage la faute sur les épaules des hommes.

·         Quatre étoiles au firmament de Romain Lucazeau : Un texte bien écrit, la trame se déroule sans accrocs mais aussi sans grande surprise ou enjeu sauf en ce qui concerne la chute. Un univers bien documenté, riche et cohérent mais les aspects relationnels toujours négatifs entre les personnages ne m’ont pas permis de m’attacher aux protagonistes, je suis restée un peu extérieure à l’histoire.

·         L’exécution de Mozart de Dominique Molès : Un texte bien écrit, plutôt prenant, quoique l’idée de base puisse sembler évidente par rapport au thème de l’appel à textes, le traitement qu’en fait l’auteur est vraiment personnel. C’est une réussite, on s’attache facilement au narrateur, à ce qu’il dit et pense, il nous prévient à chaque page que la catastrophe imminente mais le dénouement ne nous est pourtant pas dévoilé avant l’heure. Le suspense fonctionne donc bien. L’absurdité et la touche de cynisme de la chute sonne juste.
Un détail : la première page du texte présente un seul très gros paragraphe, ça semble un peu indigeste.

·         Renouveau de Hubert Szymczak : Ce que je juge être des soucis au niveau du style (répétitions de mots, lourdeurs, trop de découpage) ont rendu ma lecture un peu difficile au début. Il y a beaucoup d’idées dans ce texte, le cynisme est bienvenu, l’idée finale qui constitue la chute est bien exprimée et intelligente mais le reste m’a semblé trop hermétique car désordonné. Je crois que je suis passée à côté des véritables intentions de l’auteur.

·         Les Explorateurs de V.K. Valev : Le texte commence mal, un problème de structure ou un oubli de mot fait que la première phrase “n’est pas française. Selon moi, il y a quelques soucis de formulation et des répétitions dans ce texte aussi. Une tendance à s’appesantir et beaucoup de détails techniques rendent la première partie peu dynamique. Dès la seconde, cela devient plus intéressant et on suit l’action avec plus de facilité dès qu’on comprend que ce que le père et l’enfant ont découvert, c’est bien la sonde mentionnée au début. Par contre j’ai été très surprise et déçue par la fin et la “légereté”, presque l’absence de chute. Quel était l’enjeu de ce texte ?

En conclusion, c’est un chouette numéro, pour la qualité du support comme pour son contenu. Cependant j’ai trouvé les textes un peu trop homogènes sur le fond : la même approche du thème (peut-être un peu trop spécifique et orienté 100% SF). Mais aussi homogènes en ce qui concerne le style, qui lui aussi est très ” SF classique “, simple et direct. J’aurais aimé voir à l’œuvre des stylistes plus lyriques, romantiques ou carrément argotiques.

Cependant je suis bien conscience qu’on compose un sommaire avec ce qu’on a sélectionné et reçu. Pas de crainte, donc pour les numéros suivants ! avec la régularité des parutions, je pense que plus d’auteurs se manifesteront et contribueront aux Chantiers.

 

Par élie Darco (illustratrice de SF1 Récif de Dante et à venir…)

http://eliedarco.free.fr/?p=86

 

ET Sur Question SF, Toujours par Alice, mais pour SF1 Récif de Dante !

Je l'ai lu un peu tard (je manque un peu de temps en ce moment, mais j'ai carrément culpabilisé en voyant que le n°2 allait arriver et que je n'avais pas fini le 1).

Alors voici mon avis. J'ai l'impression que je torpille un peu, mais je préfère être honnête. Vous pouvez me torpiller à votre tour sur mon blog si ça vous dit (j'ai fait un article dessus http://question-sf.over-blog.com/article-30853686.html).

Le désert éternel, de Cyril Carau
Le concept abordé est très intéressant : la punition perpétuelle par les dieux. J'ai malheureusement trouvé l'introduction inutilement vulgaire. Il faut attendre la description du tourment en lui même, et surtout du cycle pour accrocher un peu plus. Pour moi, c'est une nouvelle décevante, surtout au vu de la réputation de l'auteur.

La malédiction du Lamba Mena, de Sophie Dabat
Elle nous emmène avec succès dans le récit d'une expérience traumatisante à la mort des parents du personnage principal. Le genre est un peu noir, voir horreur. La force d'évocation est très puissante. Une réussite.

Aussi loin que la glace, de Tepthida Hay
Une très belle écriture pour nous raconter l'impuissance d'une personne qui voit son rêve se briser. La chute est un peu expédiée à mon goût mais on sent bien le désespoir du personnage.

Hors du voile, de Romain Lucazeau
Un univers à part entière, très bien décrit. L'histoire de la quête de vérité est captivante. Et la sclérose des sociétés y est bien évoquée. Le tout étant bien écrit, c'est une belle réussite.

Le pénitent rouge, de Nikola Stjelja
A part la promotion d'auteurs étrangers, je ne vois vraiment pas l'intéret d'avoir publié cette nouvelle. Vous l'avez compris, je n'ai pas aimé, mais alors pas du tout. Le contexte est mal expliqué, les personnages sont superficiels et ce n'est pas vraiment superbement écrit. Je suis très, mais alors très déçue.

Le prisonnier, de Nicolas Bénard
C'est la petite perle dont je parlais. Le récit d'un condamné dans une cellule orbitale, en isolement. Bien écrit, avec des idées surprenantes, des écchappées historiques dignes de la formation de l'auteur, une écriture très agréable et une chute bien amenée, même si un peu attendue. J'adore.

Je l'ai lu un peu tard (je manque un peu de temps en ce moment, mais j'ai carrément culpabilisé en voyant que le n°2 allait arriver et que je n'avais pas fini le 1).

Alors voici mon avis. J'ai l'impression que je torpille un peu, mais je préfère être honnête. Vous pouvez me torpiller à votre tour sur mon blog si ça vous dit (j'ai fait un article dessus http://question-sf.over-blog.com/article-30853686.html).

Le désert éternel, de Cyril Carau
Le concept abordé est très intéressant : la punition perpétuelle par les dieux. J'ai malheureusement trouvé l'introduction inutilement vulgaire. Il faut attendre la description du tourment en lui même, et surtout du cycle pour accrocher un peu plus. Pour moi, c'est une nouvelle décevante, surtout au vu de la réputation de l'auteur.

La malédiction du Lamba Mena, de Sophie Dabat
Elle nous emmène avec succès dans le récit d'une expérience traumatisante à la mort des parents du personnage principal. Le genre est un peu noir, voir horreur. La force d'évocation est très puissante. Une réussite.

Aussi loin que la glace, de Tepthida Hay
Une très belle écriture pour nous raconter l'impuissance d'une personne qui voit son rêve se briser. La chute est un peu expédiée à mon goût mais on sent bien le désespoir du personnage.

Hors du voile, de Romain Lucazeau
Un univers à part entière, très bien décrit. L'histoire de la quête de vérité est captivante. Et la sclérose des sociétés y est bien évoquée. Le tout étant bien écrit, c'est une belle réussite.

Le pénitent rouge, de Nikola Stjelja
A part la promotion d'auteurs étrangers, je ne vois vraiment pas l'intéret d'avoir publié cette nouvelle. Vous l'avez compris, je n'ai pas aimé, mais alors pas du tout. Le contexte est mal expliqué, les personnages sont superficiels et ce n'est pas vraiment superbement écrit. Je suis très, mais alors très déçue.

Le prisonnier, de Nicolas Bénard
C'est la petite perle dont je parlais. Le récit d'un condamné dans une cellule orbitale, en isolement. Bien écrit, avec des idées surprenantes, des échappées historiques dignes de la formation de l'auteur, une écriture très agréable et une chute bien amenée, même si un peu attendue. J'adore.


Voilà, on vous communique tout en l’état… n’hésitez pas à nous faire part aussi de vos commentaires sur notre forum, ou par courriel ; je ne connais pas d’autres moyens pour nous évaluer et progresser… Sébastien CLARAC (Alaric S Thorismond, entres- autres)

Publié dans STATION FICTION

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Alice 19/05/2009 19:32

Ouiiiii Allez-y !! Lâchez-vous